SANOFI et le Crédit Impôt Recherche

Sanofi a été incapable de produire un vaccin contre la COVID 19, mais vient cependant d’annoncer une augmentation de ses bénéfices nets de 12,3 milliards d’euros en progression de 340%, bénéfices dont une bonne partie provient de la vente de Regeneron, une entreprise de biotechnologie qui développe des anticorps de synthèse pour soigner la COVID-19.

L’entreprise Sanofi a versé par ailleurs, près de 4 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires en 2020, une somme multipliée par 4,5 en quinze ans !

Dans le même temps cette entreprise ne cesse de licencier : les effectifs de recherche de Sanofi ont été divisés par deux en douze ans plus que 3300 aujourd’hui. En pleine crise sanitaire, Sanofi vient d’annoncer la suppression de 1600 postes, dont 364 postes R&D en France.

Comment peut-elle encore bénéficier d’aides publiques et en particulier du Crédit Impôt Recherche (CIR - 130 millions € par an depuis plus de 10 ans) ? Le montant du CIR, 6 milliards € / an, fait partie de l’investissement consenti par les gouvernements successifs pour essayer d’atteindre leur engagement des années 2000 de consacrer 3 % du PIB pour la recherche (publique et privée). Malgré cela, la France ne consacre que 2,2 % de son PIB à la recherche.

La politique de Sanofi montre de façon éclatante l’inefficacité de ces aides publiques aux grands groupes industriels, sans évaluation ni contrepartie, aides publiques qui leur servent essentiellement à accroître leurs profits. Ces grands groupes pharmaceutiques, tout en s’appuyant de plus en plus sur des brevets directement issus de la recherche fondamentale menée dans nos établissements via des start-up créées spécialement à cet effet, liquident dans le même temps leurs secteurs Recherche et Développement.

De son côté, le gouvernement, via la Loi de Programmation de la Recherche voudrait que les personnels de la recherche publique se réorientent vers l’innovation, au détriment de la recherche fondamentale pour permettre aux groupes privés de se servir « sur étagère » des découvertes et percées technologiques. Il s’agit de socialiser les risques et de privatiser les bénéfices.

L’épidémie de la COVID-19 a révélé à quel point ces orientations sont délétères pour la population. Plusieurs chercheurs ont dénoncé combien la recherche fondamentale en épidémiologie et virologie avait été mise à mal ces dernières années en raison du système de recherche sur projets à court terme.

Résultat : la France a été incapable de développer un vaccin contre la COVID-19. La casse de notre outil industriel laisse le champ libre aux entreprises pharmaceutiques pour imposer leurs conditions sur les vaccins. Il est grand temps d’investir massivement dans la recherche publique et de reconstruire un outil industriel stratégique capable de répondre aux besoins de la nation et aux urgences sanitaires. Nous revendiquons que les brevets des vaccins tombent dans le domaine public et nous demandons la réquisition des lignes de production des entreprises pharmaceutiques pour produire des vaccins en quantité suffisante pour toute la population. Nous demandons à l’État de défendre l’emploi scientifique public et privé, à la hauteur des besoins en connaissance scientifique et au service de la population !